Alors que le début d’année est généralement le moment pour lire les articles qui fleurissent partout sur les grandes tendances digitales, que tout le monde s’essaie à faire de la prospective, j’ai décidé de faire un peu différemment en prenant le temps d’observer les nouveaux usages qui apparaissent (ou disparaissent aussi vite) et de vous parler de simplification digitale. Loin de moi l’idée de porter une bonne parole, d’avoir des certitudes dans ce monde mouvant, en constante évolution mais cependant qui nous fait découvrir des nouveaux usages qui finalement prennent du temps à s’ancrer durablement jusqu’à changer nos manières de consommer les médias, de consommer l’information, de consommer le web et d’interagir avec l’autre grâce à des outils.

Je parlais il y a quelques années (2 ans ! ) de la lame de fond silencieuse qui était en train de révolutionner les organisations, de transformer les entreprises. J’avais sans doute en partie raison mais je crois qu’il est plus judicieux de parler aujourd’hui d’une évolution des process, des structures, des méthodes qui cherchent à limiter voir supprimer les points de friction, de tension. Alors que j’évolue dans le web depuis une bonne dizaine d’années, je crois qu’il faut parler enfin d’une vrai SIMPLIFICATION DIGITALE qui est finalement un des objectifs à rechercher lorsque l’on utilise le web. Le web doit être un facilitateur, il doit simplifier la vie. Le web doit être intuitif, simple, intégré. D’autres avant moi ont parlé de cette nécessaire simplification digitale, je pense notamment à Bertrand Duperrin qui explique ici que la transformation digitale, c’est rendre les choses simples. Et il a bien raison ! Olivier Margerand, fondateur de Digital Collab, lui aussi parle de cette simplification digitale et notamment dans l’entreprise, par le prisme de la collaboration. Son idée étant de rendre simple la collaboration en utilisant des outils qui permettent de faire gagner du temps, de l’agilité, de la fluidité aux collaborateurs.

Mais alors, où en sommes nous aujourd’hui de la simplification digitale ? Le web est-il vraiment intégré à nos vies ? Est-il devenu intuitif au point d’être une habitude, une routine ? Le web est-il simple ? Je le crois ! Je suis persuadé que le web a constamment évolué pour nous simplifier la vie et non pas pour la compliquer. Force est de constater que la simplification dans notre société a mauvaise presse, pourtant tout le monde la demande. Moi le premier ! Vous conviendrez avec moi que les choses simples font peur, les choses simples inquiètent, les choses simples ne sont pas claires. Dès que nous évoquons la simplicité en entreprise ou dans une organisation, nous nous retrouvons coincé derrière la complexité. La complexité que nous créons nous-même par des abus, des abus de pouvoir, des abus de contrôle, des abus de zèle. En fait, la peur de l’inconnue que représente le digital bloque parfois les bonnes initiatives, les bonnes idées. Je vous propose donc de faire un petit tour d’horizon du web actuel, celui de 2017 et des années à venir, pour nous rendre compte de l’opportunité que nous avons entre les mains pour nous simplifier la vie avec le web.

Un web plus intégré à notre quotidien

Avec le développement des objets connectés, le web s’immisce partout dans nos vies que cela soit à la maison, au bureau, dans les transports. Google Assistant et Amazon Écho sont plein de promesses et nous allons parfois jusqu’à « porter le web » sur nous et on parle à ce moment de « wearable tech », la technologie qui se porte. Vous pouvez d’ailleurs le voir, il est de plus en plus rare de voir un sportif sans un outil connecté. Forbes vous en présente ici et cela va de la simple montre connectée à la raquette de tennis qui analyse votre style de jeu. Même le réseau social Snapchat fut précurseur en proposant une paire de lunettes connectée pour faire des Snap. L’objectif de tout ça étant de faire tomber les barrières entre réel et virtuel, de simplifier. Le monde dans lequel nous vivons deviens interconnecté et notre vie physique se mêle de plus en plus à notre présence digitale. D’ailleurs, la réalité augmentée et la réalité virtuelle sont au coeur des futures ambitions des réseaux sociaux. Facebook se lance un nouvel objectif en réinventant le réseau social. Facebook Spaces propose donc de vivre une nouvelle expérience qui peut se résumer ainsi: « être soi-même dans le virtuel ». D’un point de vue professionnel, la réalité virtuelle et/ou augmentée permettent de nombreux usages et simplifient grandement les process notamment dans les domaines de la formation, de la santé, de la maintenance. Que cela soit l’existence de mondes virtuels ou bien la technologie de réalité augmentée, tout cela n’est pas nouveau et existe depuis déjà plusieurs années. Mais comme quoi, tout ne va pas si vite dans le digital et il faut parfois toutes les bonnes conditions réunis pour que de nouveaux usages grand public apparaissent. Ne nions pas l’apport indéniable du mobile et des grands acteurs du web dans la vulgarisation de ces technologies. D’ailleurs, je vous invite à courir lire le très bon site de RA’pro, l’association de promotion de la réalité augmentée. Ce web qui est si omniprésent en devient même un prolongement. Nous ne sommes donc pas un double, nous sommes juste la même personne augmentée par l’apport de services et d’outils web, tout cela de manière tout à fait simple, naturelle. Le web nous permet de nous consacrer, nous humain, à la réalisation d’actions à forte valeur ajoutée. Pendant ce temps, le web crée de nouvelles entités connectées comme les chatbots, les drônes pour réaliser des opérations de premier niveaux ne nécessitant pas l’intervention de l’homme.

Un web intuitif et réactif

Alors que nous l’avons vu plus haut, le web fait tomber les barrières qui existent entre le réel et le virtuel, le web se positionne comme un prolongement naturel de notre existence. Il suffit de voir la pénétration des smartphones dans notre vie quotidienne pour le comprendre. Le smartphone devenant un outil intuitif pour la grande majorité d’entre nous. La manière dont il est utilisé par mes enfants valide le fait que l’avenir est bien là. Le web mobile est devenu la nouvelle façon d’interagir et de consommer internet au quotidien. D’ailleurs, les annonceurs l’ont bien compris. Alors que le web est maintenant plus consulté via mobile depuis la fin d’année 2016, les dépenses publicitaires allouées au mobile dépassent celles du desktop. Sans parler du seul format publicitaire qui fonctionne, le native advertising, le reste étant voué à l’échec. La forme du contenu, la publicité, les usages, tout est fait pour adapter l’expérience utilisateur à l’expérience mobile. Il est d’ailleurs inconcevable aujourd’hui de ne pas avoir un site en responsiv design. Nous basculons doucement d’une stratégie mobile-first vers une expérience mobile-only. Un constat qui doit être pris en compte rapidement par les marques et par les créateurs d’éco-sytème web. Cette démarche croissante vers le mobile-only est aussi tiré logiquement par les « messaging app » qui viennent compléter remplacer les réseaux sociaux déjà existants. En parallèle et intégrés à nos mobiles, les assistants virtuels de type Siri deviennent de véritables concierges connectés. Ils sont de plus en plus capables de répondre rapidement et précisément à une requête précise. Cette précision dans les résultats de recherche est possible par le développement des intelligences artificielles couplées à un apprentissage sémantique et contextuel constant, c’est le web sémantique. Cette tendance vient transformer la manière dont les moteurs de recherche classent et hiérarchisent la multitude de pages web. Nous passons d’un web de stockage à un web de compréhension. La machine va comprendre exactement notre demande, d’autant plus que cette dernière est formulée en langage naturel. C’est un pas supplémentaire vers la simplification digitale. Le web sémantique nous emmène petit à petit vers une nouvelle manière de rechercher l’information. Je pense ne pas trop me tromper en affirmant que dans quelques années nous nous passerons de clavier pour transcrire nos pensées uniquement par la voix, nous parlerons alors de « vocal search ». En Mai 2016, Google confirmait que 20% des recherches se faisaient par la voix. Les assistants virtuels seront les opérateurs qui chercheront l’information à notre place au travers de la multitude de sites existants. Frederic Cavazza envisage dans un de ses derniers articles « à court terme des robots d’indexation de nouvelle génération qui vont analyser et extraire les contenus / services d’un site pour les restituer à travers un assistant personnel et son interface vocale ».  Sans doute que dans ce contexte, il va être urgent de repenser la manière dont nous concevons les outils web et comment nous travaillons le positionnement des sites pour les faire émerger.

Un web mobile plus simple, moins complexe.

Il est une époque révolue où je pensais que le site web devait être le point central de toute stratégie digitale. Je ne le crois plus. Il est aujourd’hui devenu clairement impossible de rivaliser avec les grands acteurs du web et notamment les plateformes. C’est un combat perdu d’avance tant les budgets nécessaires pour émerger, sortir du lot et avoir un peu de visibilité sont démesurés par rapport aux enjeux. Simplifions-nous la vie ! Le commerce conversationnel va aussi réinventer la manière dont nous consommons. Jetez un œil à WeChat. Ni une application mobile, ni un site ne sera en mesure de vous apporter autant qu’une plateforme. Il est donc important de penser simple, de penser qualité et surtout de se mettre à la place de l’internaute qui recherche. Je vous conseille de consacrer vos efforts sur la création de contenu, la création d’expérience utilisateur forte et d’utiliser les médias sociaux, les plateformes pour diffuser vos produits, vos services, votre marque. D’autant qu’il est de plus en plus compliquer de faire sortir les internautes des plateformes car nous devenons tous captifs. Regardez le nombre d’applications mobiles dans votre smartphone. Combien en utilisez-vous vraiment ? Sur quel site allez vous au réveil ? Vous avez la réponse ! Je crois donc à un web plus simple, plus centralisé dans lequel chacun devient producteur de contenu et non pas producteur de support. Le web des plateformes est en marche mais le contenu reste et restera le coeur du système. Et en observant l’explosion du média vidéo, du live, des nouveaux formats de type stories sur les réseaux, et les bouleversements que vivent les médias traditionnels, la vérité est là. TF1 rachète MinuteBuzz et M6 annonce aujourd’hui la création de Golden Studio, dédié à la création de contenu pour le Digital et les chaînes de télévision. Nous allons vers un web simple, moins complexe qui facilite la vie de l’internaute en lui apportant une réponse rapide, pour lui faire vivre une expérience unique. Voilà, la simplification digitale ! Nous devons penser expérience avant support, penser contenu avant performance car sans contenu il n’y a aucune performance possible. Enfin, nous devons penser ce contenu et ces expériences en mobilité. Regardez d’ailleurs les sites en responsiv design, l’objectif est d’aller vite à l’essentiel, rapidement, sans superflu.

Finalement, nous sommes acteurs de ces nouveaux usages, de ce web plus simple et les smartphones ont transformé complètement nos usages. Que cela soit pour jouer, pour regarder la télévision, un film, pour lire, pour accéder à l’information, pour photographier, pour partager avec nos amis, pour travailler, pour consulter ses comptes. Nous avons besoin d’un seul et même support, le smartphone, quitte à en devenir complètement accro. Un seul et même outil simple à utiliser avec de moins en moins de boutons, avec un écran de plus en plus grand (sans jamais dépasser la taille de la poche, hein, le temps des tablettes c’est fini 😉 ) pour accéder à un web sémantique, contextuel et géolocalisé. Toute cette réflexion sur les technologies doit nous mener à repenser les organisations, les process en les simplifiant. Nous devons nous focaliser sur les usages en mobilité pour adapter nos entreprises et la manière dont nous collaborons ensemble. Cette transformation digitale que tout le monde tente d’introduire à l’oreille des comités de direction devrait avant tout commencer par une simplification digitale ! 

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